À qui la faute?

Sauvons-nous les uns les autres.

Quand j’étais à l’école primaire, j’adorais jouer aux billes. C’était un moment ludique, certes, mais nous étions constamment dans le défi. Notre but ? Dévaliser le sac de billes des copains en essayant d’être le plus adroit possible.

Si le tireur manque sa cible, ce n’est pas la faute de cette cible” : voici une excellente citation qui pourrait résumer cette situation.

Dans le cas de notre partie de billes, si mon ami (le tireur) loupait, ce n’était ni de sa faute, ni celle de sa cible. En réalité c’était celle du petit gars qui cherchait à le perturber (moi).

Maintenant que vous avez cette image bien en tête, je vais vous expliquer comment cette citation peut s’appliquer à la formation des chiens.

L’entrainement d’un chien n’est ni plus ni moins qu’une tentative de la part d’une espèce (l’homme) de communiquer avec une autre espèce (le chien) par le biais d’une langue que vous seul parlez couramment. Je me dois tout de même d’apporter une nuance à ce que je viens de vous dire car certains bons dresseurs de chiens utilisent un langage corporel que le chien peut comprendre par nature. C’est d’ailleurs ma philosophie : je prends le temps d’observer les chiens et leur mode de communication pour m’en servir dans mes demandes précises. Pour la suite de ma démonstration, je vais toutefois faire référence aux commandes verbales souvent utilisées dont le chien n’a aucune connaissance innée.

Lorsque vous entamez le dressage d’un chien, vous cherchez à communiquer avec lui. Vous (l’être humain) serez alors le locuteur (et donc le tireur pour continuer le parallèle avec mon exemple) et le chien sera l’auditeur (ou la cible).

Rappelez-vous : “Si le tireur manque sa cible, ce n’est pas la faute de la cible”.

Dans mon métier, je croise beaucoup de dresseurs de chiens, d’éducateurs professionnels et de propriétaires avertis que j’aime observer. Ce que je vois très (trop) souvent ? Une situation que vous rencontrerez ou que vous avez forcément déjà rencontrée… À savoir un humain qui donne un ordre et un chien qui tente de s’y conformer mais qui ne fait pas le bon choix. Résultat ? L’humain lui donne une correction.

À qui la faute ?

Que faut-il retenir de ce scénario ? Et bien que le chien a essayé. Il n’a pas désobéi, il a tenté de faire ce que son maître lui a demandé sans parvenir à totalement comprendre sa demande. Ici, c’est en réalité l’humain qui n’a pas communiqué comme il le fallait : le tireur a raté sa cible.

Prenons un instant pour définir ou redéfinir le mot “correction”. Quand je parle de correction ici, il s’agit d’une action aversive pour le chien que vous faites pour l’informer de son erreur. Selon les chiens, la correction peut prendre plusieurs formes. Souvent, un coup sec en laisse et en collier de dressage suffira à leur faire sentir qu’ils ont transgressé. Pour d’autres chiens comme mon chien Jules, un “non” d’un ton sec aura un impact émotionnel bien plus important que toute action physique que j’aurais pu faire.

De telles corrections peuvent être appliquées dans la formation d’un chien, certes. Néanmoins, lorsqu’on apprend à un chien à obéir, je ne pense pas que ces corrections soient justifiées, en particulier lorsque le chien essaye justement de se conformer à vos ordres (même s’il s’est trompé). Bien entendu, vous pouvez informer votre chien qu’il a fait une erreur. Vous pouvez exercer une légère pression sur votre chien pour le guider et l’inciter à faire le bon choix. Mais il y a une réelle différence entre une pression légère qui motive et incite, et une correction qui donne le sentiment à votre animal qu’il a fait quelque chose de grave. Il sera bien plus bénéfique de féliciter le chien pour les efforts qu’il a produit et de recommencer l’exercice en ajustant votre mode de communication pour qu’il vous comprenne mieux.

Si vous prenez en charge la formation de votre chien, c’est à vous de faire en sorte qu’il comprenne ce que vous lui dîtes. Votre chien ne réagit pas correctement à votre demande ? Prenez du recul et faites preuve d’abnégation. Ce n’est pas à votre chien de changer quelque chose mais à vous. Il est de la responsabilité de l’orateur (donc de vous) de communiquer dans un langage que l’auditeur (donc le chien) pourra comprendre. S’il ne comprend pas, en réalité, ce n’est pas de sa faute !

 

Maintenant, c’est à vous de jouer. Si vous êtes en train de vous débattre avec votre chien (ou que vous observez ce type de situation dans votre entourage), arrêtez-vous un instant et réfléchissez. Est-ce que l’erreur du chien ne serait pas tout simplement le résultat d’un échec de communication ? Est-ce le chien qui est dans le faux ou simplement vous (le tireur) qui avez manqué votre cible (l’animal) en ne communiquant pas suffisamment bien ?

 

Je finirai sur ce conseil qui devrait devenir votre leitmotiv numéro 1 : “Avant de maudire votre cible, réajustez votre objectif”.

 

Je reviens très vite vers vous pour vous donner toutes les clés d’une bonne communication avec votre chien !

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Caninement vôtre,

Stéphane ANDRES et sa meute

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